C’est l’erreur classique du débutant pressé : “Le placo est déjà blanc, l’enduit aussi, je vais mettre deux couches de finition directe, ça ira plus vite !” Résultat : 3 couches plus tard, on voit encore les bandes, le mur boit la peinture comme une éponge et le rendu est pommelé.
Voici pourquoi l’étape de l’impression (sous-couche) est non négociable.
1. Bloquer le fond (Réguler l’absorption)
Un mur en placo est composé de deux matières très différentes :
- Le Carton de la plaque : Très absorbant.
- L’Enduit des bandes : Moyennement absorbant (ou différemment).
Si vous appliquez une peinture de finition directement, le carton va “boire” l’eau ou la résine de la peinture instantanément, tandis que l’enduit boira moins vite. Conséquence : La peinture sèche trop vite par endroits (“grillage”), créant des différences de brillance et de texture. On appelle ça des “embus” ou des spectres.
La sous-couche sert à créer une surface homogène et étanche.
2. Économiser la peinture de finition
La peinture de finition (surtout la couleur ou le velours de qualité) coûte cher (20€ à 40€ le litre). La sous-couche coûte beaucoup moins cher (5€ à 10€ le litre).
En bloquant le fond avec une sous-couche bon marché, vous évitez que votre peinture de finition luxueuse ne soit absorbée par le mur. Vous consommerez moins de finition pour un meilleur résultat.
3. Fixer les fonds pulvérulents
Même après dépoussiérage, il reste toujours de la micro-poussière d’enduit. La sous-couche a un pouvoir pénétrant qui va fixer cette poussière et durcir la surface, garantissant que la peinture ne s’écaillera pas dans 2 ans.
Quelle sous-couche choisir ?
Oubliez les “premiers prix” qui ne sont que de l’eau colorée à la craie.
- La sous-couche “Universelle” : Suffisante pour des murs sains en placo dans les pièces sèches.
- La sous-couche “Placo” spécifique : Souvent un peu plus opacifiante, elle aide déjà à blanchir le mur.
- L’impression Glycéro : À l’ancienne (au solvant). Indispensable si vous avez des taches d’humidité, de nicotine ou de suie (l’eau ne masque pas ces taches, elles ressortent).
Le test de la goutte d’eau
Vous doutez de l’utilité ? Jetez quelques gouttes d’eau sur votre placo brut.
- Si l’eau fonce le carton et est absorbée en 2 secondes : Votre mur a soif. Sous-couche obligatoire.
Quelle sous-couche pour quel support ?
| Support | Type de sous-couche | Particularité |
|---|---|---|
| Placo neuf | Universelle ou spéciale placo | Bloque l’absorption du carton |
| Placo peint | Aucune (ou légère) | Poncer si brillant |
| Ancien papier peint retiré | Universelle | Après lessivage complet |
| Taches d’humidité/nicotine | Glycéro isolante | Bloque les taches qui remontent |
| Enduit friable | Durcisseur de fond | Fixe et durcit le support |
| Bois brut | Sous-couche bois | Bloque les tanins |
? Questions fréquentes
- Peut-on peindre directement sur du placo sans sous-couche ?
- Non, c'est la garantie d'un résultat médiocre. Le placo nu absorbe la peinture de manière irrégulière : le carton boit plus vite que l'enduit des bandes. Vous verrez des "spectres" (différences de brillance) même avec 3 couches de finition.
- Sous-couche acrylique ou glycéro ?
- Acrylique (à l'eau) : Pour 95% des cas. Sèche vite, peu d'odeur, lessivage des outils facile. Glycéro (au solvant) : Réservée aux cas difficiles (taches d'humidité, nicotine, suie) car elle isole le support et bloque les remontées.
- Combien de temps avant de peindre sur la sous-couche ?
- Respectez le temps de séchage indiqué sur le pot (généralement 4 à 6 heures pour l'acrylique, 24 heures pour la glycéro). Poncez légèrement au grain fin (180) avant d'appliquer la finition pour une meilleure accroche.